Ce "piège de l'amour" risque d'en capturer plus d'un. Deux ans après le très acclamé Salt Rain, la chanteuse anglo-indienne déploie mille nouveaux sortilèges, issus des métissages délicats qu'elle affirmait avec son premier disque. Le lien naturel de ces compositions illuminées par l'aube rougeoyante est tissé par le batteur Tony Allen qui pose ses tempos versatiles mais toujours fermes. La voix délicatement sourde de Susheela Raman se fera alors volontaire, ou parfois incantatoire, et le groove implacable ("Manusoloni"). L'idée de la chanteuse, avec la complicité du producteur Sam Mills, reste d'être allé chercher à la pointe de l'Espagne la Corne de l'Orient. Enregistré au studio El Cortijo, Love Trap accueille un rayon de flamenco avec le pianiste David Dorantes, et même des mélodies aussi marquées par la tradition indienne que "Sakhi Maro" résonne d'hispanité. À des lieues de la world music fourre-tout, Susheela Raman invente une langue d'éternité. --José Ruiz
L'avis des consommateurs